univers
formations individuelles
certifiantes
praticien en soin tantrique
J’ai longtemps reçu des massages qui étaient très bien faits. Et pourtant il me manquait quelque chose.
Je reconnaissais parfois le massage avant même qu’il soit terminé. Un geste en appelait un autre. Le dos, puis les jambes, puis… Je sentais la partition.
Elle était belle.
Mais elle n’était pas forcément pour moi.
Alors lorsque j’ai commencé à transmettre le soin tantrique, je me suis retrouvé avec une drôle de question :
Comment apprend-on à toucher sans apprendre une succession de gestes ?
Je crois qu’on commence par apprendre à être là.
Vraiment là.
Et avant même de parler de toucher, nous allons beaucoup parler. De l’intime. Du désir. De la peur. De la nudité. De ce qui nous met à l’aise et de ce qui ne nous met pas à l’aise. De ce que nous projetons sur l’autre. De ce que l’autre peut projeter sur nous.
Et surtout des limites.
Parce qu’ici, le cadre n’est pas quelque chose que l’on pose autour du soin pour être tranquille.
Il fait partie du soin.
Un oui. Un non. Une hésitation. Une respiration qui change. Un corps qui soudain n’est plus tout à fait là.
Il faudra apprendre à entendre tout ça.
Et parfois demander.
« Tu es toujours là ? »
« Est-ce que c’est juste pour toi ? »
« Est-ce que je peux continuer ? »
Je veux que vous puissiez être extrêmement libre dans votre toucher.
Mais jamais au prix de la liberté de celui ou celle qui le reçoit.
Alors oui, il y aura un cadre très clair.
Et à l’intérieur…
votre langue.
Et peut-être autre chose.
Parce qu’il arrive parfois, quand deux êtres sont vraiment là, que quelque chose déborde complètement le massage.
Un souffle.
Une main posée quelque part et soudain beaucoup trop d’amour pour tenir dans une main.
On ne sait plus très bien qui prend soin de qui.
On ne fait pourtant rien de plus.
On est là.
Et ça peut bousculer.
Faire pleurer. Faire rire. Faire trembler. Ouvrir un endroit que l’on protégeait depuis longtemps.
Mais bousculer ne veut pas dire perdre le cadre.
Au contraire.
Je crois que c’est parce que les limites sont là, claires, solides, vivantes, que quelque chose peut enfin se déposer suffisamment pour s’ouvrir.
Le cadre ne disparaît pas quand l’amour arrive.
Il le contient.
Je crois profondément que le toucher peut aimer.
Pas vouloir. Pas prendre. Pas séduire.
Aimer.
Et peut-être que c’est même cela que j’ai cherché pendant toutes ces années où je recevais des massages parfaitement exécutés sans rencontrer tout à fait l’endroit auquel j’aspirais.
Alors oui, je veux aussi vous apprendre ça.
Ou plutôt…
vous aider à ne pas avoir peur quand ça arrive.
Et ensuite ?
Eh bien ensuite, il faudra toucher.
Et là, je ne vais pas vous donner une partition.
Je vais vous demander d’écouter.
Une main s’arrête.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Mais quelque chose en vous a peut-être senti qu’elle devait rester là.
Alors restez.
Et regardez ce qui se passe.
Chez vous.
Chez l’autre.
Est-il toujours là ? Son souffle ? Son corps ? Son oui ?
Peut-être que votre main repartira.
Peut-être pas.
Peut-être qu’une autre envie apparaîtra, un geste auquel je n’aurais jamais pensé.
C’est là que votre toucher commence à devenir le vôtre.
Pas quand vous savez quoi faire.
Quand vous êtes suffisamment présent pour sentir ce qui demande à être fait, et suffisamment libre pour ne rien faire si rien ne le demande.
Maïla, une de mes élèves, a écrit quelque chose que j’aime beaucoup à propos du « juste toucher » : celui qui ne prend pas, ne projette pas et laisse l’autre libre.
Voilà.
Je crois que nous allons chercher ça.
Pas le beau geste.
Le geste juste.
Et parfois, le geste juste sera peut-être de retirer votre main.
Ça aussi, c’est toucher.
Nous allons beaucoup pratiquer. Vous recevrez aussi beaucoup. Nous regarderons ce que ça fait d’être de l’autre côté, parce qu’on apprend difficilement à accompagner un corps sans connaître un peu mieux le sien.
Et on apprend tellement en recevant.
On va parler. Essayer. Recommencer. Ajuster.
Je vous regarderai conduire des séances. Nous ferons venir d’autres personnes. Des hommes. Des femmes. Des corps différents du mien, du vôtre, avec leurs histoires, leurs limites, leurs manières de recevoir.
Et puis, comme pour le magnétisme, il faudra sortir de notre bulle.
Vous proposerez ce soin à plusieurs personnes que vous ne connaissez pas. Elles me feront part de leur expérience avec vous et leurs retours feront partie de votre certification.
Mais avant cela, j’espère qu’il se sera passé autre chose.
Que vous aurez commencé à reconnaître votre toucher.
Pas celui que vous croyez devoir avoir.
Le vôtre.
Il y a quelques jours, une élève qui vient de terminer sa transmission m’a écrit qu’elle était heureuse de pouvoir offrir au monde « ce qui vibre autant pour moi ».
J’aime beaucoup cette phrase.
Parce qu’au fond, c’est peut-être exactement ce que j’espère.
Un cadre suffisamment clair pour que personne n’ait à se demander où il est.
Et à l’intérieur de ce cadre, suffisamment de liberté pour que vous puissiez découvrir comment vous touchez, vous.
Avec votre présence.
Votre sensibilité.
Votre langue.